Artiste associée à Le Mans Université : retour sur l'année de résidence d'Hélène Rocheteau
Artiste associée à Le Mans Université : retour sur l'année de résidence d'Hélène Rocheteau

L'artiste Hélène Rocheteau a passé une année en résidence au service culture de l'Université, de janvier 2025 à janvier 2026, pour y développer son projet « La voix féminine - le genre du son ».
Portrait de l'artiste


Danseuse, comédienne, chorégraphe et pédagogue
Après s’être formée à la danse et au théâtre au SUAPS de l’Université François Rabelais de Tours, Hélène Rocheteau collabore depuis 2000 en tant que danseuse interprète et performeuse avec diverses compagnies : Cie la Zampa, Cie Groupenfonction, Matthieu Hocquemiller, Lucie Eidenbenz, Cie Humaine, Cie 1 Watt…
Elle collabore sur des projets artistiques variés, avec des musiciens, chorégraphes, vidéastes, metteur/euses en scène et réalisateurs.
Elle est l’auteure de plusieurs pièces chorégraphiées qu’elle conçoit comme des expériences pour sonder le corps et en creuser ses énigmes.
Ses projets s'inscrivent dans une approche sociétale qui ouvre à différentes collaborations, qui permet la rencontre et le lien.
La dimension féministe occupe une place de plus en plus importante dans son travail.
Elle s’intéresse également au travail de la voix, et pratique le chant sous diverses formes depuis de nombreuses années.
Découvrez-en plus sur Hélène Rocheteau et sur son travail artistique en visitant son site : www.helenerocheteau.com
Le projet
Suite à l'appel à candidature lancé en octobre 2024, le projet « La voix féminine - le genre du son » proposé par l'artiste Hélène Rocheteau avait été sélectionné pour être développé en partenariat avec le service culture de janvier 2025 à janvier 2026. L'objectif était de créer du lien avec la communauté universitaire, de proposer plusieurs rendez-vous tout au long de l’année et de présenter différents rendus lors de la biennale du son Le Mans Sonore du 17 au 25 janvier 2026.
L'accueil de cette artiste associée a été rendu possible grâce au soutien de la DRAC Pays de la Loire.
La voix féminine - le genre du son

- Est-il possible d’échapper à la classification binaire et stéréotypée des voix ?
- Les voix féminines sont t’elles condamnées à être soit fatales, soit empêchées soit retenues ?
- Est-ce qu’on parle, crie, chante « en femme » ?
- Que disent, que révèlent nos voix ? Qu’est-ce qu’elles cachent ou ne disent pas ?
Partant de ces questionnements, Hélène a lancé une collecte de paroles auprès d’étudiant(e)s, enseignant(e)s, chercheurs/euses et personnels de l’université sous forme d’interviews.
Son projet artistique s’articule donc en lien avec ce recueil de voix et de paroles, et en résonance avec des archives sonores de différentes natures.
Conférence illustrée – table ronde « Le Gaslighting, de quoi s'agit-il ? »

Le livre d’Hélène Frappat Le gaslighting ou l’art de faire taire les femmes, qui s’intéresse notamment au discrédit de la voix des femmes, a été une importante source d’inspiration pour le projet d’Hélène Rocheteau.
Cette conférence, suivie d’échanges, était organisée dans le cadre du projet FEMME (Female Filmmakers and Feminism in the Media / Réalisatrices et Féminisme dans les médias) de l’Agence Nationale de la Recherche.
Interviews
Suite à son appel à témoignages sur le campus du Mans, Hélène Rocheteau a réalisé de nombreuses interviews (en grande majorité de femmes) autour des liens entre voix et genre. Ces interviews ont été proposées en écoute, sur une borne, dans le hall du théâtre universitaire, pendant la durée du festival le Mans sonore.


🎧 Écouter les témoignages
- La voix qui trahit / C'est pas les femmes qui sont bavardes / La bonne petite fille
- Parler vite / Le dico des filles / Le manque de modèles féminins
- Dissonance / Le son cathartique / Je fais aussi partie du problème
- Parler plus fort / La voix de ma mère / Etre femme aux Beaux-Arts
- Jeune femme au téléphone (passez-moi votre manager) / Changer sa voix / Hystériques
- Cri de libération / Chanter tout l’après-midi / Le rire n’est plus tout-à-fait le même
- Cri primaire / les blagues sexistes (la féministe de service) / Secret-taire
- Ne pas parler fort / Sois femme et tais-toi / Il faudrait toujours enregistrer ses proches
- Crier comme une fille / Se faire couper la parole / Au nom de toutes les femmes
- Parler d’une même voix / Tu t’exprimes bien pour une fille / Je ne sais pas crier
- Parle plus fort on t’entend pas / Elle alors que c’est il / La finale des femmes
- Tourner 7 fois sa langue dans sa bouche / Voix et position sociale / Prêter sa voix
- Prendre la place / Maintenant j’arrive à le dire / Parler et danser
- J’aime mon rire / La voix est une arme / Plus de compromissions
- La voix qui prend trop de place / La voix chantée / Pourquoi il y a peu de filles en sciences
L’Obole de Caquisse

Cette installation portait sur la voix des disparues. Hélène Rocheteau a proposé une expérience d’écoute sensible, immersive, à travers l’écoute de différentes voix de femmes recueillies également ces derniers mois, et issues d’archives personnelles.
Gaslight
La résidence d’Hélène Rocheteau à EVE- scène universitaire tout au long de l’année 2025, lui a permis de travailler la matière sonore collectée lors de ses interviews, en lien avec des archives sonores, pour créer une performance théâtrale. Elle a été accompagnée sur ce projet par Olivier Normand à la collaboration artistique et dramaturgie, Gweltaz Chauviré à la lumière et Linda Bocquel aux costumes.
Enrichi d’échanges avec des spectateurs/trices à l’occasion de 2 sorties de résidence avec bords plateau, ce spectacle a été présenté le 23 janvier 2026 lors de la biennale du son Le Mans Sonore.

Le titre Gaslight est inspiré du film éponyme de Georges Cukor réalisé en 1944, cité dans le livre d'Hélène Frappat nommé précédemment : Le gaslighting ou l'art de faire taire les femmes.
Ce solo intimiste avec une scénographie épurée, est une partition vocale et gestuelle traversée de nombreuses voix, mêlant récits, fictions, chants, mythologie populaire et intime. Hélène interprète des paroles fortes qu’elle reçoit dans l’oreillette, changeant de tonalité de voix à chaque changement de personnage, associant une gestuelle accompagnée d’accessoires et d’objets en verre posés sur une longue table drapée de noir, et des jeux de lumière viennent sublimer les détails de cette mise en scène minimaliste et sensible au service des personnalités incarnées.
📺 Teaser du spectacle
Un stage de danse sur le thème "Danse et voix féminines"
Au lendemain de la représentation de Gaslight, Hélène a encadré un atelier de danse, avec la complicité de la Cie Zutano Bazar, au studio de danse du SUAPS sur le campus universitaire.
Ce stage proposait aux participantes une exploration chorégraphique en lien avec la voix : après un temps d'échauffement mettant en jeu la respiration, l’écoute, et inspiré de son expérience du yoga, du qi gong et du butô, différentes consignes d'improvisation ont été proposées, pour danser seule, en duo et aller vers le groupe, vers un travail de chœur où corps et voix étaient en jeu.


Impromptus sur le campus du Mans

Hélène Rocheteau a invité la musicienne et chanteuse Elise Kusmeruck à collaborer avec elle. Elles ont présenté, en octobre 2025, des impromptus danse musique et voix, à la bibliothèque universitaire et à la maison de l’Université. Un duo improvisé qui a surpris étudiant(e)s et personnels présents sur ces lieux de travail.
Témoignage de l'artiste
"Cette année en tant qu’artiste associée à l’Université du Mans a été très enrichissante et stimulante. Elle m’a donné le temps et les moyens de développer un projet à plusieurs dimensions.
Elle a permis de nombreuses rencontres et plusieurs collaborations.
J’ai pu prendre le temps de la recherche, avec des moyens – financiers, matériels – mis à ma disposition, et j’ai notamment bénéficié de plusieurs temps de résidence au théâtre universitaire, dans une continuité de temps et de lieu.
Il a été très précieux d’être accompagnée par Julie Bordas et l’équipe du service culturel, à l’écoute de mes demandes et besoins, et faisant le lien avec de nombreuses personnes reliées à l’Université."
Présenter le fruit de mes recherches lors d’un festival comme « le Mans Sonore » a permis une belle visibilité du travail produit et m’a permis de clôturer l’année avec le sentiment d’un réel aboutissement, partagé avec le public.
Hélène Rocheteau, Artiste associée en résidence de création à Le Mans Université, 2025-2026
