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La gestion des déchets en temps de crise : au service de l’économie circulaire

Le Grand Format - N°1

La gestion des déchets en temps de crise : au service de l’économie circulaireavec Mathieu Durand, du laboratoire Espaces & Sociétés

En temps normal, la gestion des déchets est un service important pour le fonctionnement des territoires, mais il devient essentiel après une catastrophe naturelle. En occident, elle est intégrée aux politiques publiques. Pour en faire des actions durables, il faut pouvoir adapter la gestion des déchets à l’espace concerné. Mathieu Durand est urbaniste, géographe au sein du laboratoire Espaces et Sociétés (ESO - UMR CNRS).

 

En 2017, l’ouragan « Irma » ravage une partie des îles de Barbuda, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Anguilla et les Iles Vierges. Il éprouve sévèrement la côte nord de Cuba et oblige la Floride à mettre en place une évacuation de plus de six millions d’habitants. C’est dans ce contexte que naît le projet DéPOs (Déchets post-ouragan – ndlr).

Les sciences humaines et sociales au service du développement durable

Agro-écologie, reforestation, biodiversité, transports... Le développement durable est fortement ancré au laboratoire ESO (UMR CNRS). D’ailleurs, l’Université, pionnière, travaille sur la problématique des déchets depuis les années 70 (le terme « rudologie » n’a-t-il pas été inventé par Jean Gouhier à l’Université du Mans ?). C’est donc logiquement que le laboratoire a été impliqué dans ce projet de recherche, piloté par l’Université de Marne-la-Vallée, de même que l’association parisienne Robin des bois et l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFFSTAR).

DéPOs s’intéresse à la spatialisation des risques ainsi qu’aux actions de résilience permises par la planification et l’adaptation des organisations en place face à des contraintes exceptionnelles. Le travail se fait principalement sur le terrain, en co-construction avec les partenaires locaux. Collectes d’informations, d’artefacts, entretiens, enquêtes auprès de la population, identification des flux de déchets... Tous ces éléments permettent d’établir une cartographie des « métabolismes territoriaux ».

Vers plus de recyclage et d’économie circulaire

Mathieu Durand

En quoi est-ce urgent, après une crise, de traiter les déchets ? À court terme, il

s’agit de garantir l’accès des secours et de limiter les impacts sanitaires et environnementaux. Dans un second temps, c’est le redémarrage économique du territoire qui ne doit pas être entravé. Les enjeux de développement durable arrivent ensuite. Or, en inversant l’ordre des priorités, on simplifie l’intendance en période de crise. L’enjeu de ces études est de plus en plus prégnant car les budgets sont en baisse et les risques de catastrophes, en hausse.

En de nombreux endroits encore, la gestion des déchets consiste à les évacuer en dehors de la ville. Aujourd’hui, il faut voir plus loin, ne plus considérer le déchet comme une finalité mais comme une étape avant transformation.

C’est le principe de l’économie circulaire. En la matière, les pays du Sud ont beaucoup à nous apprendre. Dans ces régions, les lacunes de recyclage liées au manque de structures accélèrent la mise en place de circuits de gestion alternatifs. Ces processus, pas toujours étiquetés « développement durable », en sont pourtant bel et bien.

Les travaux de Mathieu Durand, en mettant en lumière à la fois les lacunes de gestion dans différentes zones du globe mais aussi des outils stratégiques variés, ont vocation à compiler des ressources afin de pouvoir repenser la façon dont nous consommons, dont nous nous déplaçons, dont nous produisons.

 

Article rédigé en partenariat avec Le Labo des Savoirs

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