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Au Maghreb, la gestion de l’eau pour contrer le changement climatique

Le Grand Format - N°1

Au Maghreb, la gestion de l’eau pour contrer le changement climatiqueavec Yamna Djellouli, du laboratoire Espaces & Sociétés

Au Maghreb, sécheresses, coupures d’eau et inondations provoquent de nombreux dégâts aux conséquences parfois mortelles. La ressource vitale est à la fois en voie de raréfaction et de dégradation. Au laboratoire Espaces et Sociétés (ESO - UMR CNRS), Yamna Djellouli travaille, avec les acteurs locaux en charge de la gestion de l’eau, à l’intégration de modèles de gestion de l’eau durables et adaptés aux secteurs d’activité impactés par le changement climatique.

 

En plus d’un climat méditerranéen semi-aride, d’une démographie en forte croissance et d’une gestion parfois discutable de la ressource par les autorités, une compétition s’est installée entre les divers usages de l’eau (agricole, touristique, industriel et domestique), faisant de cette région du globe un révélateur du réchauffement climatique.

Renouveler les repères et les modèles

Depuis 2017, Le Mans Université, l’Université de Francfort, l’Institut pour le climat de Postdam (PIK), l’Unesco en Allemagne, mais aussi l’Université de Vienne en Autriche et le Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) de Paris se sont associés dans le cadre du projet européen Co-Micc (Co-development of methods to utilize uncertain multi-model based information on freshwater-related hazards of climate change – ndlr), dont les travaux s’articulent autour de la gestion de l’eau douce au niveau mondial, en général et avec l’exemple du Maghreb en particulier.

Comment les administrations, les ministères du M.A.T (Maroc, Algérie, Tunisie – ndlr) gèrent-ils l’eau ? Selon quelles stratégies ? Telles sont les premières questions que les travaux en cours tentent de défricher grâce à une série d’ateliers à destination des organes gestionnaires. Plus qu’un état des lieux, ce recueil de données a pour objectif d’injecter les différents paramètres climatologiques et hydrologiques dans les pratiques afin d’en assurer une utilisation durable.

Yamna Djellouli

Les sciences « participatives » au service du développement durable

Les études portent également sur le fonctionnement de trois bassins versants : Moulouya au Maroc, Sétif en Algérie et Amne Djerba en Tunisie. Au Maghreb, contrairement à ce que l’on peut observer en France, les rivières ne sont pas pérennes, le défi consiste donc à optimiser la ressource quelle que soit la période de l’année. Le climat méditerranéen, déjà soumis à une forte variabilité pluviométrique, est devenu imprévisible. Les outils en place ne sont plus adaptés, de quoi faire perdre leurs repères aux agriculteurs les plus chevronnés. Ces derniers, passée la barrière spirituelle parfois, sont d’ailleurs parmi les premiers à faire le constat du changement climatique, contraints depuis peu d’irriguer leurs parcelles…

Administration, environnementalistes, agriculteurs, industriels, entreprises, associations… L’ensemble des acteurs des territoires concernés est soumis, dans le cadre du projet de recherche, à un questionnaire et à des entretiens.

La gestion de l’eau douce au Maghreb passera impérativement par la mobilisation de la ressource, par davantage de transferts hydrauliques et de traitements de l’eau. Dans ce contexte, santé environnementale et santé publique sont intimement liées.

 

Un constat : avant de gagner les politiques publiques, les actions en faveur du développement durable se traduisent, sur le terrain, par une série de réactions spontanées face aux vicissitudes du climat. Elles constituent le socle des innovations sociales à venir.

 

Article rédigé en partenariat avec Le Labo des Savoirs

 

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